Interview with Cécile Charpentier, Head of the project

May 14, 2017

- VOIR PLUS BAS POUR L'ENTRETIEN EN FRANÇAIS - 

 

1. Tell me about your experience as a restorer...


I am a Franco-American expert in the conservation and restoration of fine arts, with a Museology Degree from the Ecole du Louvre and a Master's Degree in the Conservation and Restoration of Cultural Artefacts (University of Paris I, Panthéon-Sorbonne). 

I have been in charge of major restoration programmes in different parts of the world, acting as main contractor for French Historical Monuments. 

 

For the last 25 years, I have been working to conserve paintings and frescoes in heritage monuments, museum collections and art galleries. Based in Paris, I have restored art throughout Europe as well as in Asia and North America, seeking to understand how to preserve the integrity and authenticity of masterpieces painted on wood, canvas or frescoes from the early 16th century up to the 20th century. I have had the opportunity to work with many materials and techniques.   

 

 

2. How did « The Shekhawati Project » come about?

 

During my travels around India I discovered magnificent paintings. In particular in the Shekhawati region, I was able to visit the historical homes, the havelis. I found myself in awe before their wall paintings and frescoes with very rich iconography. The scenes depict Hindu mythology, Mughal design, everyday life during the time of the caravan trade as well as the history of the Marwaris and the arrival of the Europeans.  

The unique fresco technique, originating in Italy, was adapted by Indian artisans using local substances. Many other materials applied to decorate the havelis were brought from other continents, making these historical monuments truly a world heritage. We initiated « The Shekhawati Project » since we are very concerned about the dreadful condition of these havelis in Rajasthan.

 

 

3. What is so special about « The Shekhawati Project »?

 

Beyond the importance of saving these unique painted monuments, many other positive outcomes will take place. More than just the preservation of the material, tangible aspect, it would ensure the transmission of the spirit of the art. Furthermore, we hope it will bring awareness to the surrounding population. Indeed, « The Shekhawati Project » is founded on the belief that the conservation of this heritage is an important part of the urban rehabilitation of the entire region. The pressing issues of waste management and flooding are directly connected to their conservation. In addition, our program aims to help young people pursue careers in conservation and promote international exchanges. 

 

Moreover, the danger of losing this heritage, will lead to the disappearance of Indian cultural knowledge and history.

Thus, the Shekhawati region is an extraordinary open-air museum exhibiting centuries of tradition. 

The paintings represent the huge diversity of musical instruments, dance choreography, festivals, artisanal work. These ethnic and cultural activities still exist in Rajasthan but are doomed to disappear in the future. This is another important reason to save this heritage.

 

4. What are the main difficulties you are experiencing? 

 

One of the main difficulties has to do with the climate. The extreme heat and the sandstorms that prevail from April to July do not only affect the fragile frescoes and murals, they also prevent restorers from working efficiently. The heavy monsoon rains, from July to September, result in the flooding of badly drained areas: the rising damp that ensues is a menace for the stucco and paintings on the lower walls.

The second difficulty is economic. The materials necessary for an ethical restoration are extremely costly. That is why the restoration currently taking place in Shekhawati is often done with cheap materials (cement instead of lime, acrylic instead of traditional paints), with disastrous consequences.

The third difficulty is both administrative and political. Neither the Indian Government, nor the State of Rajasthan, nor the non-governmental agencies –UNESCO and INTACH – have shown much interest in the painted monuments of Shekhawati. Things may change, but, up to now, nothing has been done by the authorities to prevent the destruction or help finance the restoration of this unique heritage.

 

 

 

- VERSION FRANÇAISE -

 

ENTRETIEN AVEC CECILE CHARPENTIER, PORTEUSE DE PROJET

 

1. Parlez-moi de votre expérience en tant que restauratrice...

 

Je suis franco-américaine et experte en conservation et restauration des œuvres d’art. Je suis titulaire d’un diplôme de muséologie à l’Ecole du Louvre, ainsi que d’une maîtrise en Conservation et Restauration des objets culturels à l’Université Paris I, Panthéon Sorbonne.

J’ai été en charge de plusieurs importants chantiers de restauration, agissant pour les Monuments Historiques de France.

 

Ces 25 dernières années, j’ai travaillé à la conservation des peintures et des fresques de monuments historiques, de collections de musées et de galeries. Basée à Paris, j’ai restauré des œuvres d’art en Europe, mais également en Asie et en Amérique du nord, cherchant toujours à comprendre comment conserver l’intégrité et l’authenticité de chefs-d’œuvre peints sur bois, sur toile ou des fresques, datant du début du XVIème siècle jusqu’au XXème siècle. J’ai eu l’opportunité de travailler avec de nombreux matériaux et des techniques variées.

 

2. Comment l’idée du « Shekhawati Project » est-elle née ?

 

C’est en voyageant à travers l’Inde que j’ai découvert d’extraordinaires peintures. En particulier dans la région du Shekhawati, j’ai pu découvrir les demeures historiques qu’on nomme havelis. Je me suis retrouvée en admiration devant ces murs peints et couverts de fresques à l’iconographie très riche. Les scènes représentent la mythologie hindoue, le style moghol, la vie quotidienne au temps du commerce des caravanes, tout comme l’histoire des Marwaris et l’arrivée des Européens.

Cette technique unique de la fresque, originaire d’Italie, a été adaptée par les artisans indiens en utilisant des éléments locaux. Beaucoup d’autres matériaux utilisés pour décorer les havelis étaient importés d’autres continents, faisant de ces monuments historiques un véritable patrimoine mondial. Nous étions très préoccupés par l’état épouvantable des havelis dans le Rajasthan et nous avons ainsi créé le « Shekhawati Project ».

 

 

3. Quelle est la spécificité du « Shekhawati Project » ?

 

Outre la nécessité de protéger ces remarquables monuments peints, il y a d’autres retombées positives à notre projet. Au-delà de la simple préservation et de l’apparence des matériaux, cela permettrait la transmission d’une conscience artistique. De plus, nous espérons qu’il sensibilisera la population locale. En effet, le « Shekhawati Project » se fonde sur la certitude que la conservation de ce patrimoine est une part importante de la réhabilitation urbaine de la région. Les problèmes urgents de gestion des déchets et des inondations sont directement liés à la conservation de ces monuments. Le but de ce programme est également d’encourager des jeunes, Indiens et étrangers, à se lancer dans des carrières de restauration-conservation ainsi que de promouvoir les échanges internationaux.

 

De plus, la perte de ce patrimoine mènerait à l’oubli d’un savoir culturel indien et de l’histoire de cette région.

Pourtant, la région du Shekhawati est un incroyable musée à ciel ouvert, remontant à des siècles de tradition. Les peintures représentent l’immense diversité des instruments de musique, des danses, des festivals, de l’artisanat… Cette tradition locale et culturelle existe toujours dans le Rajasthan mais est condamnée à disparaître dans un avenir proche. C’est une des raisons majeures pour lesquelles il est important de sauver ce patrimoine.

 

 

4. Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous devez faire face ?

 

L’une des principales difficultés est le climat. La chaleur extrême et les tempêtes de sable entre avril et juillet abîment les fresques et les murs très fragiles et empêchent les restaurateurs de travailler efficacement. Les moussons de juillet à septembre provoquent des inondations dans les zones mal drainées : l’humidité par osmose qui en résulte est une menace pour le stuc et les peintures des murs inférieurs.

La deuxième difficulté est financière. Le matériel nécessaire pour une restauration respectant les codes de déontologie est très coûteux. C’est pour cela que les restaurations actuellement réalisées dans le Shekhawati utilisent souvent du matériel bon marché (du ciment à la place de la chaux, de l’acrylique au lieu des peintures traditionnelles). Cela engendre des résultats désastreux.

La troisième difficulté est double : administrative et politique. Ni le gouvernement indien, ni l’Ėtat du Rajasthan, ni même les ONG telles que l’UNESCO ou l’INTACH, n’ont montré un réel intérêt pour les demeures peintes du Shekhawati. Cela va peut-être changer, mais pour l’instant, rien a été fait par les autorités pour empêcher la destruction des monuments ou pour aider financièrement la restauration de ce patrimoine unique.

 

 

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CÉCILE CHARPENTIER

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