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THE SHEKHAWATI PROJECT

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CÉCILE CHARPENTIER

HEAD OF THE PROJECT

cecile.charpentier@wanadoo.fr

Interview with Anu Khandal, Student at Rutgers University, NJ, USA

June 6, 2017

- VOIR PLUS BAS POUR L'ENTRETIEN EN FRANÇAIS -

 

1. Can you introduce yourself and tell us your connection with the Shekhawati region?

 

Hi, my name is Anu Khandal and I am currently an M.A. candidate at Rutgers University, New Brunswick, New Jersey. My family is originally from the Shekhawati region, and since I was a child I have been coming to Shekhawati during my summer vacations. Over the years I have seen Fatehpur, and other cities I have traveled through, change wherein certain havelis that I used to see are now demolished, certain havelis have covered up their frescoes with acrylic paints, and so on. So, I have taken an interest in the Shekhawati region.

 

2. What are you currently studying and why did you decide to do this?

 

My M.A. at Rutgers University is in Cultural Heritage and Preservation Studies (CHAPS). Since I spent my summers travelling through India and saw historical architecture throughout the country, I was always interested in historical preservation; but seeing Shekhawati as a region that was not limited to historical preservation and encompassed broader cultural and intangible heritage issues, I went in the direction of cultural heritage. Because of the situation in Shekhawati, I am writing my thesis, titled “Economizing Heritage Tourism and Providing Legislative Protection: Shekhawati, Rajasthan and the future of havelis”, on how to preserve and protect the havelis outside a governmental protective framework through financial incentivization as well as the regulatory framework that should be developed at the governmental level.

 

3. Can you talk about the affordable reuse and preservation of havelis in Shekhawati?

 

Shekhawati has an abundance of these havelis, however, these large structures have a set structural form, which has a set of limitations of what can be done in terms of affordable reuse, even though physically there is a lot of space. Many individuals have opted to transform their havelis into schools, museums, or hotels, and some vacate them to the extent of leaving behind a singular caretaker who regulates the flow of tourists to these “haveli-museums”. Though all of these in their own right are demonstrative of affordable reuse of the havelis and bring money to the havelis, sometimes preservation gets left behind in this process, which is problematic. Sometimes haveli owners open up their facades in order to give space for stores, all of which is done with the intention of the financial benefit of the haveli owner. And the preservation that does take place is about the physical volume of space that the haveli occupies, rather than its fresoces or its limestone walls, the things that set it apart from the rest of Rajasthan’s built heritage. The preservation education needs to shift to the frescoes and the better practices to preserving them for years to come. We’ve already fought the first battle and demonstrated that the physical structure of the haveli has economic value post-preservation, but now we must shift our attention to the preservation of the frescoes, the limestone walls, and the intangible knowledge that will permit us to preserve these structures in the long term.

 

4. What do you see for the region in the future?

 

I am a pessimist; I don’t see a long future at the rate at which things are going right now. I feel that eventually, the number of havelis will continue to reduce and reach a threshold at which people will begin to attribute the havelis with having heritage value, even if that is at the scale of the Shekhawati region. This shift in ideology will not be immediate as there are two strongly opposing ideologies in play, those that feel that havelis should not be saved and those that are able to save their havelis, and I think that right now there are many more people who are not able to save their havelis. These opposing ideologies are further supplemented by minimal preventative measures. Though this situation exists, it permits us to have an in-depth conversation about the heritage value of these structures, the best, or better, preservation practices, and how to expand their preservation of these structures into the urban fabric of the historic cities themselves. And once this conversation takes place locally, and just as in depth, then only, I think we can feel optimistic about the future of the havelis.

 

- VERSION FRANÇAISE - 

 

1. Peux-tu te présenter et nous dire quels sont tes liens avec le Shekhawati ?

 

Bonjour, mon nom est Anu Khandal et je suis actuellement étudiante en Mastère à l’université Rutgers, à New Brunswick, dans le New Jersey. Ma famille est originaire du Shekhawati et, depuis mon enfance, j’y viens durant mes vacances d’été. Au fil des années, j’ai vu Fatehpur et les autres villes que j’ai parcourues, changer : certaines havelis que je connaissais ont été démolies, dans d’autres, les fresques ont été recouvertes de peinture acrylique, et ainsi de suite. C’est ainsi qu’est né mon intérêt pour la région du Shekhawati.

 

2. Sur quoi portent tes études actuelles et pourquoi ?

 

Le Mastère que je prépare à Rutgers porte sur le Patrimoine Culturel et sa Sauvegarde (Cultural Heritage and Preservation Studies). Ayant passé mes étés à voyager à travers l’Inde, découvrant des monuments historiques un peu partout dans le pays, j’ai toujours été intéressée par la sauvegarde de ces édifices ; mais considérant le Shekhawati comme une région non seulement dans la perspective de la sauvegarde des monuments historiques, mais aussi dans celle d’un patrimoine culturel au sens plus large, voire immatériel, je me suis concentrée sur le patrimoine culturel. Du fait de la situation au Shekhawati, je rédige une thèse intitulée « Le rôle économique du tourisme patrimonial et l’institution d’une protection législative : le Shekhawati, le Rajasthan et l’avenir des havelis ». Elle porte sur les moyens de sauvegarder et protéger les havelis, en dehors d’un cadre gouvernemental, par les incitations financières ainsi qu’une réglementation élaborée au niveau du gouvernement.

 

3. Peux-tu nous parler de la viabilité de la transformation et de la sauvegarde des havelis du Shekhawati ?

 

Le Shekhawati est riche en havelis, toutefois, ces imposantes demeures ont une structure fixe, qui impose une série de contraintes quant à leur transformation économiquement viable, même quand les lieux sont spacieux. Beaucoup de particuliers ont choisi de transformer leurs havelis en écoles, en musées ou en hôtels ; certains laissent leur haveli au soin d’un gardien en charge de contrôler l’entrée des touristes venus visiter leur « haveli-musée ». Bien que toutes ces options soient des exemples d’une réutilisation viable de ces havelis et rapportent de l’argent, il arrive que la notion d’entretien soit oubliée dans le processus, ce qui est problématique. Parfois les propriétaires éventrent la façade de leur haveli pour faire place à des magasins, tout ceci ayant pour but le seul profit financier.

Et les mesures de sauvegarde qui sont prises concernent le volume physique de l’espace occupé par la haveli, plutôt que ses fresques ou les stucs de ses murs, toutes choses qui pourtant la distinguent du reste du patrimoine bâti du Rajasthan. Dans les années à venir, la formation à cette sauvegarde doit se concentrer sur les fresques et les méthodes éthiques de conservation. Nous avons déjà livré la première bataille et démontré que la structure physique de la haveli avait, une fois sauvegardée, une valeur économique, nous devons maintenant concentrer notre attention sur la préservation des fresques et des murs, ainsi que sur le savoir qui doit impérativement être maîtrisé pour pouvoir sauvegarder ces structures sur le long terme.

 

4. Comment voyez-vous l’avenir de la région ?

 

Je suis de nature pessimiste. Au train où vont les choses, je crains que l’avenir ne soit sombre. J’ai peur qu’en fin de compte le nombre de havelis continue de diminuer pour atteindre un seuil où l’on commencera à désigner les havelis comme ayant un potentiel en tant que patrimoine, même si c’est au niveau  de la région du Shekhawati dans son ensemble. Ce changement de mentalité ne sera pas immédiat, car il y a deux attitudes antagonistes à prendre en compte : ceux qui pensent que les havelis ne valent pas la peine d’être sauvés, et ceux qui sont en mesure de sauver leur haveli ; mais je pense qu’actuellement il y a beaucoup plus de gens qui n’ont pas les moyens de sauvegarder leur haveli. À ces deux situations antagonistes s’ajoute le caractère minimaliste des mesures de prévention. En dépit de ces réalités, il nous est permis d’avoir un dialogue en profondeur sur la valeur de ces structures en tant que patrimoine, sur les meilleures, ou les moins mauvaises, pratiques de conservation et sur la manière de développer la conservation de ces édifices dans le contexte urbain de ces centres historiques. Une fois que ce dialogue aura lieu sur le plan local, et qu’il sera, là encore, en profondeur, je pense qu’alors nous pourrons être optimistes en ce qui concerne l’avenir des havelis.

 

 

 

 

 

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